Tout ce qui est bio n’est pas forcément écolo

Vision d’horreur ce matin en préparant le biberon de mon fils. Les yeux dans le vague, j’attends que l’eau du biberon chauffe. Je finis par loucher mollement sur l’étiquette des ingrédients de la boîte de lait infantile. Surprise ! Je me frotte bien les yeux, la surprise est toujours là. Le lait que ma progéniture absorbe depuis deux mois contient de l’huile de palme. Panique à bord. L’huile de palme, tout comme l’aspartame, et d’autres composants alimentaires font partie de cette liste nutritionnelle dont on entend dire beaucoup de choses sauf du bien.

 

Réflexe Google oblige, je me précipite sur internet pour éclaircir définitivement ces zones d’ombre. Mes inquiétudes seront confirmées. La production d’huile de palme génère un double danger car responsable d’un double problème. Coupable de la déforestation massive qui sévit dans de nombreuses régions asiatiques, principalement en Malaisie et en Indonésie, l’huile de palme représente aussi une menace pour notre santé. Sa teneur importante en acides gras saturés favorise les risques d’apparition de maladies cardiovasculaires lorsqu’elle est consommée en trop grande quantité, car elle fait augmenter le taux de mauvais cholestérol et fait baisser le taux de bon cholestérol. Rien que ça …

 

Pour couronner le tout, de nombreux industriels agroalimentaires, conscients du fait que l’huile de palme comporte un caractère rédhibitoire lorsqu’elle est évoquée, préfèrent les appellations de type « huile végétale » ou « graisse végétale ». Une manière de dissimuler son emploi dans les produits. Sachant que cet ingrédient est majoritairement utilisé dans le monde pour son prix bon marché, et qu’il figure dans une kyrielle d’aliments proposés en grande surface (pain, céréales, margarine, confiseries, yaourts, etc.) la confusion reste entière lorsqu’il s’agit d’identifier sa présence à partir d’un terme générique.

 

Pensant avoir trouvé une solution, je me dirige vers le supermarché pour acheter ce lait bio que j’avais tellement hésité à prendre la première fois. Comme tout chat échaudé, je ne me fais pas prendre deux fois, et je screen sur place l’étiquetage, et là, RE-surprise ! A l’instar des boîtes de lait classique, le lait infantile bio contient lui aussi de l’huile de palme. Le comble !

 

Tel un Sherlock Holmes sans pitié, je me rue sur le rayon réservé aux produits bio où je fais le même constat. De l’huile de palme en veux-tu en voilà. Alors question mon cher Watson: qu’est-ce donc l’huile de palme bio ? Réponse : l’huile de palme bio signifie que la production n’a pas eu recours à l’utilisation de pesticides. Elémentaire ! Pour autant, les périls environnementaux et sanitaires n’en sont pas moins écartés. Moralité : ce qui est bon pour le corps (bio) n’implique pas que cela soit bon pour la planète (écolo). Apprendre à faire la différence est primordial et ne peut que servir à déjouer les pratiques commerciales qui usent de ce dédale sémantique pour se tailler la part du lion.

 

Article rédigé par Asma El Kabir pour Bionoor.

One comment

  1. oui tout a fait vrai l’huile de palme est avant tout un desastre écologique la forêt primaire de Bornéo aura bientôt disparu pour les marges de carouf et auchan

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