Les français plus préoccupés qu’occupés par l’écologie…

L’écologie ? Qui oserait prétendre s’en soucier comme d’une guigne? Ni vous, ni mois, nous sommes bien d’accord. Car c’est sûr, afficher sa sensibilité écolo, ça le fait. En plus d’être très tendance, ça vous confère  des airs de citoyen engagé et d’adulte responsable. Mais concrètement, si je vous demande ce que vous faites au quotidien pour revendiquer ce statut du super héros écolo, une majorité d’entre vous rougiraient. Rougiraient de ne pas être assez « verts »finalement pour mettre un coup de collier et prendre de bonnes résolutions.

C’est en tout cas ce que démontrent les dernières études1 en la matière. Elles révèlent que même si les Français sont une grande majorité à affirmer être « préoccupés » par la thématique de l’écologie (92 %), ils ne sont pas assez nombreux à avoir adopté pour de bon l’éco-attitude. Néanmoins, un certain nombre pratique déjà une série de gestes écolos : fermer le robinet pour ne pas laisser couler l’eau (36 %), éteindre les appareils électriques (24 %), prendre des douches plutôt que des bains (20%) ou bien faire fonctionner les appareils ménagers aux heures creuses (12 %)2.

C’est vrai qu’endosser le costume du tout écolo exige une motivation pour dépasser les quelques obstacles qui nous dissuadent plus qu’ils ne nous encouragent à poursuivre nos efforts. Deux freins principaux justifient ce décalage entre bonnes intentions et comportements résolument écologiques. Ils peuvent être résumés comme suit :

Il y a tout d’abord le prix, le nerf de la guerre ! Sauf que cette idée n’est souvent qu’une idée reçue. Certes, se mettre au vert implique, à certains égards, un investissement financier. Mais cet investissement s’avère être très rentable avec le temps. Si, par exemple, installer des panneaux photovoltaïques entraîne un coût certain au départ, ce dernier sera amorti sur la durée avec la réduction de facture qui suivra logiquement.

Ensuite, les pratiques liées aux gestes écologiques semblent plus contraignantes et interminables, quand elles ne contribuent pas à saboter notre confort. Entre composer ses propres produits, cuisiner soi-même tous ses plats et fabriquer du compost, on a connu plus simple. Mais là encore, même si les avantages ne sont pas évidents, ils sont pourtant vérifiés3. Sur le plan sanitaire par exemple, il a été prouvé que l’augmentation exponentielle des cas d’allergie, des maladies cancéreuses et auto-immunes est clairement liée aux cocktails de polluants toxiques, dus à notre consommation excessive, respirés chaque jour, et qui se nichent dans nos assiettes pour habiter ensuite nos organismes.

Bref, tout ça pour vous encourager à opérer la mue écologique. Personne ne vous demande de condamner une rame de train pour empêcher les déchets nucléaires de transiter, mais juste de commencer à se fixer des gestes au quotidien pour préserver notre petite planète. Votre amour pour la planète ne coule pas de source ? Alors faites-le pour faire des économies ! Vous rougirez moins les prochaines fois où vous aurez la prétention d’endosser votre costume du super héros écolo.

1 Sondage Harris Interactive réalisé pour la Fondation Nicolas Hulot, Le regard des Français sur la crise écologique et la crise économique, 13 avril 2012.

2 Sondage réalisée par le site immobilier PAP, avril 2012.

3Recherches Primequal menées par le Ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement (MEDDTL) et par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME), Pollution atmosphérique et santé, le rôle de la perception : éléments clés pour une meilleure sensibilisation du public, mai 2011.

Article rédigé par Asma El Kabir pour Bionoor.

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