Où en est le Bio en Algérie ?

L’Algérie, terre de nos chères dattes bio (cliquez ici pour les re-découvrir), est aussi un pays au potentiel agricole très mal exploité selon les spécialistes (le pays compte 8,5 millions d’hectares agricoles, soit 3,6 % de la superficie totale du pays, alors que la France en compte près de 30 millions). Sur ces 8,5 millions d’hectares, les surfaces agricoles bio représentaient une infime partie il y a encore quelques années (700 hectares environ). Dans un article inspiré d’un billet du bloggeur algérien Karim Tedjani, le triste constat du bio en Algérie est abordé avec finesse et pragmatisme. Morceaux choisis.

Un retard technologique salvateur ?

Pendant de longues années et jusqu’à un passé très proche, les fellahs algériens durent, bon gré mal gré, pratiquer une agriculture en se passant des « technologies » agricoles utilisées de l’autre côté de la Méditerranée. Cet accès limité aux produits chimiques et outils d’agriculture intensive, a permis, de manière somme toute relative, de préserver une certaine qualité nutritive et gustative des produits agricoles bien de chez nous. Pour autant, et c’est là que le bât blesse, cette relative bonne nouvelle ne rime pas avec totale réussite. L’incapacité de notre pays à produire suffisamment de produits agricoles a conduit l’Etat à importer de grandes quantités de lait et de céréales, dans des contrées où l’agriculture intensive est certainement pratiquée. Retour à la case départ.

Des résistants qui tiennent bon :

En sillonnant le pays, notre blog-trotteur est allé à la rencontre de quelques résistants du « Bio » au sens le plus authentique du terme, décrit subtilement comme « fidèles à une agriculture saine et responsable, devenant ainsi, paradoxalement, les pionniers de l’agroécologie algérienne de demain ». Superbe sur toute la ligne.

L’un d’entre ces irréductibles militants bio, M. Benyoucef Benabdellah, affirme avec classe : « nos aïeux ont toujours considérés l’agriculture comme étant bien plus qu’une simple activité économique; c’est la colonne vertébrale de l’Algérie. En tant qu’agriculteur, je  me sens responsable de tous les fruits et légumes que je produis. Les valeurs que l’on ma inculqué depuis ma plus tendre enfance m’interdisent de mettre en danger  la santé de mes clients, encore moins l’intégrité des paysages  de ma région. »

Le meilleur pour la fin, à la limite de l’émotif, avec ces quelques lignes de bonheur à lire et à méditer : « Je n’ai pas pour habitude de gagner mon argent malhonnêtement, et de ce fait, je ne peux me résoudre à  en faire usage. Tant pis si mes récoltes sont moins productives et si parfois je suis perdant quand elles  sont ravagées par les parasites ainsi que les maladies. Je me plie sans le moindre regret à la volonté d’Allah. Ma récompense est de me coucher tous les soirs avec la conscience tranquille… ».

Un exemple qui ne demande qu’à être suivi…

 

 

One comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *