Hadj Khelil dans Le Courrier de l’Atlas

Diplômé d’Oxford puis trader à la city de Londres pendant 5 ans, Hadj Khelil a finalement choisi de revenir dans le département de son enfance, le 9-3, pour y fonder son entreprise à l’ga ede 27 ans. Un parcours qui lui vaudra de remporter le prix «Talent des Cités» et «Talent de la création d’entreprise» en 2006. Depuis 2001, Bionoor, société de négoce en matières premières, est spécialisée dans l’importation de dattes, pâtisseries orientales, chocolat bio et huile d’olive. D’abord tenté par l’exploitation et le commerce des matières premières dont l’Algérie regorge, le jeune homme est sollicité par un de ses oncles, qui lui rappelle que sa famille possède de nombreuses terres du côté de Ouargla (Algérie), qu’elle a toujours exploitées pour y faire pousser des dattes.

 

Une gamme de produits progressivement élargie

Le marché du bio est alors en plein essort en Europe. Ce seront donc des dattes biologiques. Manque de chance, la première année, les exploitations sont détruites par les criquets et la deuxième, les fruits arrivent avariés en France, car l’entrepreneur n’a pas pris de précautions suffisantes pour leur conditionnement. Mais il lui en faut plus pour se décourager. Peu à peu, il élargit sa gamme : huile d’olive, pâtisseries orientales et autres produits dérivés. Il fournit alors de grandes enseignes telles que Carrefour, Fauchon…
En 2006, il reçoit le prix CréaRIF de l’économie solidaire, dans la catégorie coopération avec les Pays du Sud, pour son activité de commerce solidaire entre la France et l’Algérie. Au-delà des 5000 euros remis par le conseil régional d’Île-de-France, cette récompense est pour lui une forme de reconnaissance. Dix ans plus tard, Hadj Khelil est un homme d’affaires accompli. Aujourd’hui, Bionoor importe des denrées alimentaires issues du commerce équitable et de l’agriculture biologique en provenance de plusieurs continents. Son business model a évolué, puisque son pétrole noir (la datte) ne représente actuellement que 15 à 20% de son chiffre d’affaire qui s’élève tout de même à 1 million d’euros. Il emploi une quarantaine de personnes dans plusieurs pays du monde ( Algérie, Sénégal, Congo…). Car Hadj Khelil a pensé à diversifier ses produits à la vente et ses projets. Toujours féru d’éthique, il s’est intéressé à la plantation d’arbre dans le cadre d’un programme de compensation carbone. Un business en plein essor en Europe, où les bobos ont les moyens de se racheter une bonne conscience.

 

A 38 ans, cet entrepreneur d’Aulnay-sous-Bois souhaite aider à son tour les jeunes des quartiers… mais pas que. Il a donc créé l’an dernier l’association Connex’Cités qui a pour objet de «parvenir à une meilleure équité sociale par le biais d’échanges bilatéraux de savoirs et de savoir-faire et de créer ainsi une commauté fraternelle de partage au-delà des différences sociales». Touche-à-tout, Hadj Khelil anime également depuis plusieurs mois une chronique diffusée sur la radio BFM Business.

 

Article de Nadia Hathroubi-Safsaf pour le magazine « Le Courrier de l’Atlas » n°62 en date de septembre 2012

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