Hadj Khelil raconte Bionoor pour Algérie News

Voici un portrait de Hadj Khelil, rédigé par Fatiha Amalou-Aïd pour Algérie News.

 

Lorsque je lui ai envoyé un e-mail pour la première fois, je le connaissais entant que patron de Bionoor, société d’importation de produits bio d’Algérie, implantée en France. Il a répondu tout de suite à mon message. Par la suite, j’ai compris que sa modestie fait de lui un grand homme qui, malgré son jeune âge, a pu réussir dans sa vie professionnelle. J’ai fait plusieurs recherches sur son parcours, j’ai trouvé beaucoup de choses sur lui.

 

En fait, sa vie ne se résume pas en 30 ou 40 lignes, mais plutôt en un livre. La presse française l’a déjà découvert, en faisant de lui un héros du bizness. Mais, malheureusement, même s’il est connu pour certains patrons d’entreprises en Algérie, beaucoup ignorent son existence, même dans le monde de la presse.

 

Né à Alger en 1974, Hadj Khelil (Hadj parce qu’il est le premier mâle né après la mort de son grand-père qui avait fait 7 fois le pèlerinage à La Mecque) a tout plaqué pour aller planter des arbres dans le désert.

 

Avant, il s’est très tôt intéressé au monde de la finance. Pendant toute sa scolarité à Drancy à Saint-Denis, élève « fainéant mais intelligent » comme il se définit lui-même, il n’a jamais perdu de vue son objectif. Jusqu’à se retrouver à Oxford pendant sa dernière année d’études.
La City de Londres lui tendait alors les bras où il a travaillé comme trader. Le récit de sa vie commence ainsi : « J’ai eu toute la chance qu’on peut avoir, alhamdulilah ! » De la boutique de son père – avocat et procureur en Algérie, réparateur de télé à Barbès- à ses amours pour une maîtresse de maternelle qui lui ont donné le goût de l’école ; de son prof d’anglais génial au lycée Delacroix de Drancy à la fac de Saint-Denis, de Sup de Co (école de commerce) à Paris à la mythique université britannique d’Oxford. Le tout agrémenté de petits boulots dans la sécurité et de folles nuits parisiennes… « Une relation à la vie qui m’a rassasié » et qui lui fait dire aujourd’hui qu’« en banlieue, on peut avoir une jeunesse géniale ».

 

Fatigué de travailler pour d’autres, Hadj Khelil a voulu se lancer dans les matières premières. Le projet s’est concrétisé grâce aux terres léguées par ses ancêtres qui cultivaient les dattes depuis deux siècles du côté de Ouargla en Algérie. Il a fondé à l’âge de 27 ans, en 2001, une société de négoce en matières premières, Bionoor, spécialisée dans l’importation de dattes, dont il est sept ans plus tard le patron heureux et prospère. «Même quand ils me connaissent, les petits du quartier me disent : “On ne pourra jamais faire comme toi” ! ». Il milite donc pour la réussite. Les exploitations de datte algérienne de la famille Khelil se situent dans le périmètre de Bir Djinin à 5 km au sud du chef lieu de la commune de Ngoussa à Ouargla, sur 2 sites de production. La première année, ses exploitations sont ravagées par les criquets. En 2002, les dattes arrivent en France pourries : il avait négligé l’emballage, avoue t-il. À l’époque, le coup a été dur. De 2 tonnes de marchandises la première année, Hadj Khelil est passé à l’année suivante à 4 puis 8, 16, 32… Aujourd’hui, il en est à 200 tonnes.

 

Le commerce repose essentiellement sur les dattes mais la gamme s’élargit peu à peu : huile d’olive, pâtisseries orientales et produits dérivés de la datte. Hadj Khelil en créant son entreprise s’inscrit ainsi dans la tradition de sa famille qui exploite le commerce de la datte depuis 150 ans, tout en apportant une dimension innovante liée à la production biologique. Bionoor est installée dans les locaux de la Maison de l’entreprise et de l’emploi d’Aulnay-sous-Bois à Seine-Saint-Denis. Si Hadj Khelil se consacre pleinement au développement de son entreprise, il organise ponctuellement dans son quartier et dans la région parisienne des actions éducatives sur les bonnes pratiques alimentaires et le commerce équitable. Depuis, il a diversifié sa production, traite avec de nombreux exploitants, livre chez Carrefour comme chez Fauchon, donne pour 20 000 euros de produits aux Restos du cœur.

 

Hadj Khelil ne s’arrêt pas là. Il anime actuellement une nouvelle chronique diffusée sur BFM radio. Dernièrement, Hadj Khelil a parlé de la crise économique, et s’est étonné que « tout le monde parle des subprimes, mais que personne ne cherche vraiment à savoir où ça brûle… » Voilà quatre mois que ce jeune patron se familiarise avec le métier de chroniqueur radio. Quatorze minutes, une fois par mois. « Ça me demande six ou huit heures de préparation à chaque fois ! Dire qu’au début, je pensais pouvoir tenir deux heures ! », s’exclame le trentenaire. Il faut dire qu’il a la tchatche, Hadj Khelil. Consacré « Talent des cités » et « Talent de la création d’entreprise » en 2006, Hadj Khelil a tout de l’exemple parfait.

 

«Chic, le pétrole remonte!»

Article paru dans le magazine économique l’Expansion le 25 mai 2009, par Hadj Khelil.

Après avoir chuté jusqu’à presque 30 dollars fin 2008, revoilà les cours du pétrole au dessus de 60 dollars. Une mauvaise nouvelle ? Au contraire, car on s’approche là d’un niveau de prix qui n’est sans doute pas très éloigné d’un niveau optimal. Le pétrole, lorsqu’il flirtait avec la barre des 150 dollars le baril, commençait à peser dangereusement sur les relations entre le monde arabe et l’Occident, exacerbant une bipolarisation subtile de la problématique énergétique planétaire entre des fournisseurs forcément soupçonnés, dans notre monde finalement modélisé comme une grande épicerie (ou un grand souk…cela dépend), d’organiser la raréfaction d’une ressource rare pour ponctionner outrageusement des clients occidentaux accros à leurs 4×4.

A l’inverse, l’effondrement des cours au second semestre 2008 pouvait certes constituer une vraie bouffée d’oxygène pour le pouvoir d’achat des consommateurs occidentaux au moment ou sévit la récession, mais il ne faut pas s’y tromper : les conséquences d’un pétrole très bon marché sont bien plus néfastes pour la planète que les conséquences d’un pétrole trop cher. Il ne faut pas, par exemple, oublier les effets désastreux qu’a pu avoir un prix du baril à 13 dollars sur les populations de pays producteurs de régions aussi sensibles que le moyen orient, nourrissant la pauvreté, la corruption, l’intégrisme voire le terrorisme.

Plus généralement, un prix du pétrole trop bas découragera les économies d’énergie et la recherche de sources d’énergies alternatives aux hydrocarbures. Dans ce contexte, toutes les incitations à la résolution des problèmes d’approvisionnement en brut risquent de porter systématiquement sur un accroissement de l’offre, au risque d’accélérer irrémédiablement l’exploitation des réserves et de réduire le temps disponible à la recherche de nouvelles sources d’énergie. A 60 dollars le baril, ce temps s’allonge, et offre quelques chances supplémentaires de ne pas passer directement de l’âge des 4×4 à celui des babouches.

La Compensation Carbone

Pour un africain le concept de compensation carbone est très obscur. Protocole de Kyoto, ETS, Trading de dioxyde de carbone, sont des concepts qu’il nous a été extrêmement difficile à expliquer.

De plus de nombreuses études paraissent régulièrement pour révéler que de nombreuses manières de compenser sont tout à fait inefficaces (éolienne par exemple).

Alors pour nous compenser c’est planter des arbres. Personnes de sérieux n’a jamais prétendu qu’il pouvait être dangereux de planter un arbre. Sans compter que sur le plan pédagogique c’est sans égal. Oui, nous savons qu’il existe aussi d’autre façons de compenser, qui peuvent être plus efficaces, qu’un arbre rejette finalement peu de carbone.

Mais planter nos arbres, c’est relancer des oasis, reverdir le désert. Planter la graine de la sensibilité écologique auprès des enfants.

Planter un arbre, c’est tout un symbole. Une action pour l’avenir, quelque chose qu’on commence et dont ne ne verra pas la fin. Comme ces pères qui plantent un arbre à la naissance de leur enfant, pour laisser quelque chose de pérenne, nos arbres sont aussi un pari sur l’avenir, et un message que nous transmettons à d’autres générations.

Pour nous aider à planter des arbres, vous pouvez en acheter dans notre boutique en ligne. Un arbre, dix, cent…. le montant sera versé à l’Association des Brigades Vertes, qui oeuvre principalement au Sénégal, mais nous intervenons aussi dans d’autres pays (Algérie, Cameroun, bientôt le Maroc).

Citronnier

Bionoor dans Algérie News

Voici une interview de Hadj Khelil, patron de l’entreprise Bionoor, réalisée par Fatiha Amalou-Aïd pour AlgérieNews :

 

Le patron de Bionoor, une entreprise implantée en France et spécialisée dans l’importation de produits bios d’Algérie, nous confie, dans cet entretien, ses projets d’avenir en Algérie entre autre celui de l’implantation de 10.000 arbres par an.

 

AlgérieNews : Vous êtes dirigeant de Bionoor, société d’importation de produits bio d’Algérie, implantée en France, et vous effectuez ces derniers mois des visites fréquentes en Algérie. Peut-on savoir quel est le but de vos déplacements ?

 

M.Khelil : Pour moi, l’Algérie est un pays stratégique. Je fais parti de ces gens qui pensent que l’avenir du monde est en Afrique et particulièrement dans les pays en développement. En Algérie, c’est important de développer des produits structurels sur le long terme. Sur le cours terme, c’est extrêmement pénible de travailler en Algérie pour des problèmes de bureaucratie. Je vous parle d’abord sur l’entreprise Bionoor. Nous, avons commencé par l’importation d’arbres. Nous sommes en train de développer certaines choses et il y a des variétés de dattes qui nous intéressent en Algérie.

 

Nous avons une société en Algérie et en France. La société algérienne est beaucoup plus dans la production et de l’exportation des produits à haute valeur ajoutée à l’exemple des dattes et de l’huile d’olive. La structure française et dans une logique de diffusion de ces produits, c’est plutôt le marketing et l’optimisation des ventes.

 

Il y a d’autres projets encore plus important pour nous en Algérie. Nous pensons que le troisième millénaire sera consacré à l’écologie, de la même manière qu’au 20ème siècle lorsque les grandes fortunes se sont faites sur les médias et sur la communication en général. Je pense que la prochaine révolution de valeur c’est l’écologie. Chose qui nous a encouragé à se placer sur le marché de la compensation carbone. En fait, des gens qui polluent sur terre viennent nous voir pour leur planter des arbres afin qu’ils puissent compenser leur pollution. Sur la compensation de carbone, nous commencerons dans six mois en Algérie, si les choses se passent bien. Nous sommes déjà installés au Sénégal depuis quatre ans, où nous avons planté des milliers d’arbres par an. Nous avons également un grand projet au Niger et au Maroc. L’écologie pour moi, c’est aussi la production d’énergie propre. En couvrant 20% du Sahara algérien de panneaux solaires, nous pouvons couvrir 50 fois les besoins de l’Europe en énergie.

 

Avez-vous sollicité les pouvoirs publics algériens dans ce sens ?

 

Oui, en 2002. Mais actuellement, c’est tellement lourd que nous préférons avancer tous seuls. Nous espérons planter 10 000 arbres par an sur un horizon de dix ans.

 

Quels sont les secteurs qui peuvent êtres développés en Algérie ?

 

Sur les secteurs économiques, il y a un secteur où il faut mettre un paquet ; c’est celui de l’agriculture parce que l’agriculture aujourd’hui est une mesure de survie. Il y a un deuxième secteur à mon avis où il faut travailler beaucoup, c’est le tourisme. Il faut développer un tourisme qui soit le nôtre, un tourisme de luxe, pas un tourisme de marque.

 

En tant que patron d’une entreprise implantée en France, vos devez fréquemment rencontré des opérateurs français. Est-ce que ces derniers partagent la même vision que vous sur le marché algérien ?

 

Aujourd’hui, personne ne peut nier que l’Algérie est commercialement riche. Les patrons français ont la vision d’un gâteau qu’ils ne peuvent pas croquer.

 

Je vous pose cette question parce que, dernièrement, suite aux nouvelles mesures prises par le gouvernement concernant l’investissement, il a été relevé une certaine inquiétude ou même une réticence des Français par rapport à cette question. Qu’en pensez-vous ?

 

Les algériens vous disent, nous voulons garder notre pays et en même temps ils disent aux étranger venez investir. C’est légitime car ils veulent défendre leur champ politique et garder leur souveraineté. Finalement, si nous réfléchissons bien, l’idée n’est pas si mal donc il faut payer le prix. Pour l’instant je n’ai pas beaucoup d’échos sue cette réticence mais aujourd’hui, il faut savoir une chose ; c’est que dans le contexte d’une crise planétaire, les entrepreneurs du monde entier auront certainement à envisager des marchés qu’ils n’envisageaient pas avant et je trouve que c’est très futé de la part des Algériens d’avoir fait ce qu’ils ont fait.

 

En évoquant la crise financière, quel commentaire faites vous sur ce problème, surtout que vous avez fait des études dans la finance et vous étiez trader à Londres avant d’ouvrir votre société ?

 

Il y a beaucoup de gens qui parlent de cette crise, mais il y a une chose qui n’est pas évoqué et qui m’étonne ; c’est qu’il y a une convergence sur le diagnostic de la crise. Tout le monde est d’accords pour dire que la crise vient du problème des subprimes. Et moi, ce que je trouve absolument effarent, c’est que personne ne demande aux entités et structures financières comme les banques et les assurance qui sont concernés par la contamination de produits toxiques, des comptes soit combien ils ont introduit en actifs toxiques pour pouvoir les identifier et les sortir de l’économie. Au lieu de cela, nous assistons à une multiplication de solutions où des milliers de milliards sont injectés. Des solutions qui se vaporisent et qui maintiennent l’économie en perfusion sans pour autant identifier le mal et le soigner. Les actifs toxiques sont des choses qui sont or bilan. C’est vrai que c’est difficile de les identifier mais c’est loin d’être impossible. Aujourd’hui, tant qu’il n’y a pas des pouvoirs publics qui taperont sur la table en disant : vos actifs toxiques, vous les sortez et vous les identifiez pour les faire sortir de l’économie, je serais extrêmement pessimiste quand à la multiplication des plans de relance qui ne servent qu’à colmater des brèches. Il y a deux hypothèses dans ce cas là : ou alors ils ne peuvent pas le faire parce qu’il y a des manipulations comptables qui ont fait qu’aujourd’hui, il y a une espèce d’obscurité derrière l’identification de ces actifs toxiques ce qui est très grave ou bien ils ont fait l’identification et le chiffre est trop gros donc ils ne veulent pas le révéler pour ne pas créer la panique.

 

L’Algérie se dit à l’abri de cette crise, qu’en pensez-vous ?

 

Le pays qui vous dit qu’il est à l’abri, c’est un peu comme les gens qui vous disent : je ne mourrai pas demain, surtout pour un pays qui est tributaire à 98% des exportations de pétrole qui aujourd’hui est mono exportateur, un pays qui importe tous ce qu’il consomme. Dire que nous sommes à l’abri de la crise mondiale, je pense que c’est très optimiste. Là ou je rejoint l’analyse algérienne, c’est que l’Algérie est l’un des pays les plus à l’abri du monde mais ça ne veut pas dire qu’il est totalement à l’abri. C’est parce que le pays est peu connecté aux marchés financiers internationaux et possède un matelas financier et un système qui lui permettront d’attendre une reprise un peu plus longtemps.

 

Bionoor cultive son business entre la France et l’Algérie

« Nous employons 30 personnes en Algérie huit mois par an, confie Hadj Khelil, et nous avons construit un modèle rémunérateur pour tous ». Durant 1 semaine, l’Entreprise (Magazine) a accompagné cet entrepreneur de Seine-Saint-Denis sur ses terres du désert…

Nous avons prouvé que vendre des dattes pouvait être rentable dans un esprit de commerce équitable

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Bionoor lauréat du concours « Talent des cités »

Lauréat régional Talents des Cités 2006 Création
Parrainé par la Délégation Interministérielle à la Ville
Projet suivi par Maison de l’entreprise et de l’emploi d’Aulnay

Créateur(s) : KHELIL Hadj _ 32 ans
Création : 10/2003
Région : Ile de France _ SEINE-SAINT-DENIS _ AULNAY SOUS BOIS
Emploi(s) créé(s) : 2

Activité : Négoce de denrées alimentaires bio issues du commerce équitable (dattes, épicerie fine)

Portrait : Bionoor importe d’Algérie, auprès de sa société jumelle, des denrées alimentaires originaires du Sahara, dont les dattes. Issus du commerce équitable, biologiques et certifiés Ecocert, les produits sont distribués en France aux grandes surfaces, épiceries fines et aux établissements de restauration collective.

Le négoce repose essentiellement sur les dattes mais la gamme s’élargit peu à peu : huile d’olive, pâtisseries orientales et produits dérivés de la datte. Hadj Khelil en créant son entreprise s’inscrit ainsi dans la tradition de sa famille qui exploite le commerce de la datte depuis 150 ans, tout en apportant une dimension innovante liée à la production biologique.

Bionoor est installée dans les locaux de la Maison de l’entreprise et de l’emploi d’Aulnay sous Bois en zone franche urbaine. Si Hadj KHELIL se consacre pleinement au développement de son entreprise, il organise ponctuellement dans son quartier et dans la région parisienne des actions éducatives sur les bonnes pratiques alimentaires et le commerce équitable.

Nos exploitations

Les exploitations de datte algérienne de la famille Khelil se situent dans le périmètre de Bir Djinin à 5 km au sud du chef lieu de la commune de Ngoussa, sur 2 sites de production.

Par ailleurs, nous avons parcouru les régions sahariennes afin de sélectionner une série d’autres exploitations, remarquables pour les qualités de leurs terres, l’excellence gustative des dattes, et le procédé ancestral de culture des fruits.

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La Leçon Anglaise vs The French Touch

Voici un article publié dans L’Expansion.com en date du 14 janvier 2009 :

Par Hadj Khelil, fondateur et gérant de Bionoor.

 

Il est très surprenant de constater l’exception française en matière de compréhension du concept de discrimination positive. Depuis quelques années, les hommes politiques de l’Hexagone se sont entichés, dans un indiscutable accès de générosité, de l’idée que les minorités certes grandissantes et de plus en plus bruyantes, exclues des logiques de réseau, méritent leur « part du gâteau ». On vend donc aux Français qu’il faut faire de la place à la couleur, aux odeurs, et à tout le reste pour que cela ne se transforme pas en bruit et en flammes. En clair, il suffirait d’être Noir ou Arabe pour avoir droit à certain postes.

 

Au moment ou le concept de discrimination positive s’est introduit en France, il se trouve que je faisais mes classes dans une célèbre banque à la City à Londres. Il est incroyable de voir comment les anglo-saxons ont présenté la même idée. Il ne s’agissait pas là de partager quoi que ce soit mais plutôt de s’enrichir des différences des autres, d’affirmer l’idée que l’excellence a de multiples facettes et, qu’en bon manager, il faut savoir les utiliser.

 

Partage contre croissance, monopole contre concurrence, alibi contre axe de management, efficacité contre culpabilité : l’objectif n’est pas de faire une « bonne action » mais de rivaliser d’ingéniosité pour attirer les compétences. La différence est fondamentale puisque l’Affirmative Action est pour les anglo-saxons une mécanique d’identification et d’optimisation de l’excellence, un véritable axe de management et de développement et non un alibi affectif.

 

Et les résultats sont là, avec une facilité d’implantation planétaire, des organisations homogènes avec le monde qu’elles veulent conquérir et une salvatrice diversification qui éloigne d’autant le douloureux spectre de la consanguinité.

 

Le plus drôle dans l’histoire, c’est que ce soit nos amis anglo-saxons qui nous donnent cette leçon de rationalité. Contrairement à ce qu’à dit Descartes, pourtant Français, la raison n’est pas « la chose en ce monde la mieux repartie ».

 

Hadj Khelil dans Le Parisien

Voici un article signé par Gwenael Bourdon pour Le Parisien

 

Hadj Khelil poursuit son incroyable parcours. L’ancien trader, qui a créé il y a sept ans une société de commercialisation de dattes, se lance dans la chronique radio.

 

Au micro de la radio BFM, il raconte ses premiers pas d’entrepreneur au Salon international de l’agroalimentaire, vante les mérites d’Internet, plaisante avec les journalistes… Dans sa nouvelle chronique diffusée demain à 19 h 45 et rediffusée dimanche à 13 h 45, Hadj Khelil parlera de la crise économique, et s’étonnera que « tout le monde parle des subprimes, mais que personne ne cherche vraiment à savoir où ça brûle… ». Voilà quatre mois que ce jeune patron se familiarise avec le métier de chroniqueur radio.

 

Quatorze minutes, une fois par mois. « Ça me demande six ou huit heures de préparation à chaque fois ! Dire qu’au début, je pensais pouvoir tenir deux heures ! » s’exclame le trentenaire. Il faut dire qu’il a la tchatche, Hadj Khelil. Capable de parler durant des heures de son entreprise, Bionoor, fondée en 2002 à Aulnay-sous-Bois. Le jeune homme venait alors de lâcher son costume de trader et sa salle de marchés londonienne. « J’avais envie de travailler pour moi », explique-t-il.

 

Une belle réussite, puisque cette société spécialisée dans la commercialisation de dattes et autres produits « équitables et éthiques » algériens affiche un taux de croissance de 10 à 15 % par an. « Mais on continue à inventer tous les jours, surtout dans cette période de crise où l’on voit des géants s’effondrer », confie-t-il. La petite entreprise est peut-être un peu plus à l’abri que d’autres.

 

Lorsqu’il a fondé Bionoor avec deux copains d’enfance, Hadj Khelil avait misé sur l’autofinancement. Pas d’emprunt bancaire, pas de dettes : une bénédiction en ces temps troublés. « On n’avait pas eu le nez creux, c’est juste que les banquiers ne voulaient pas nous aider », précise-t-il.

 

La société compte aujourd’hui une quarantaine d’employés dont la majorité travaille sur les plantations d’Ouargla dans le Sud algérien. Mais elle veut aujourd’hui explorer une voie nouvelle : celle de la compensation carbone.

 

Ce procédé consiste pour une entreprise à compenser les émissions de carbone liées à son activité par la plantation d’arbres. Un principe que Bionoor s’est déjà appliqué à elle-même, en nouant un partenariat avec l’association des Brigades vertes :

 

« Sur chaque kilo de dattes vendu, on prélève une somme qui finance la plantation d’arbres au Sénégal. La subvention atteint entre 5 000 et 10 000 € par an », explique Hadj Khelil.

600 à 700 arbres ont déjà été plantés dans la région du Sahel. Le chef d’entreprise veut maintenant devenir prestataire auprès d’autres sociétés. Il affirme avoir déjà quatre ou cinq clients potentiels. L’objectif : « Planter 10 000 arbres en 2014. »