Marketing éthique : l’explosion du paradigme

Marketing éthique : l’explosion de paradigme

Aujourd’hui, fort heureusement, de plus en plus de clients et d’institutions sont préoccupés par la dimension éthique des affaires et des échanges. Par voie de conséquence, les entreprises ont été contraintes de s’adapter à cette nouvelle donne, à la fois lente mais tellement porteuse d’espoirs : dans les pays de l’OCDE, une étude a permis de montrer que 35% des individus se sentent concernés par des notions humanistes telles que l’éthique et le développement personnel.

Comment pouvoir satisfaire cette nouvelle demande, alors que le marketing a longtemps été synonyme de valeurs mercantiles et machiavéliques ?

Le point de vue de Hadj Khelil, fondateur de Bionoor et expert en Green-Business.

Du Développement de produit au développement des valeurs

On a effectivement assisté depuis quelques années maintenant à un changement de paradigmes, à un bouleversement de valeurs. D’un système économique basé sur le développement de produits et des marques, nous sommes finalement passés à un système de développement des valeurs.

Mais à y regarder de plus près, cette évolution paraît un tantinet logique. Souvenez-vous il y a quelques dizaines d’années, la tonalité des publicités à l’heure des 30 Glorieuses : en pleine croissance, les pays industrialisés voyaient, à grands coup de politique keynésienne, leur population s’accroitre et augmenter leur pouvoir d’achat. A ce moment-là, la communication, fort « industrialisée », ressemblait à une sorte d’appel à l’achat standard, primitif, très axé sur le tapage commercial. Peu à peu, avec le début d’une nouvelle ère de consommation, la communication devenait plus tournée vers le client, où l’on essayait de le séduire par des slogans plus subtils, plus évocateurs, plus subliminaux.

C’est alors qu’à l’heure des NTIC, et des nouveaux changements observés dans notre économie moderne en termes de valeurs, centrées sur le Vert, l’éthique, le durable, la sincérité, la transparence, etc…le marketing devait s’adapter à ce bouleversement économique et social, et donna finalement lieu à un marketing dit éthique. L’objectif est non plus de vendre de manière sauvage, mais d’inviter le consommateur à une réflexion sur « comment rendre ensemble ce monde meilleur ».

L’impact du Web 2.0 et des réseaux sociaux

Indéniablement, l’émergence dans un premier temps d’Internet, puis du Web 2.0 et des réseaux sociaux, a jeté les bases d’une nouvelle forme de concurrence pour les entreprises, axée sur un point fondamental de la communication et du marketing : c’est l’accès à l’information. Depuis, le rapport de force a changé : chaque entreprise, chaque marque, se voit obligée de mettre en pratique un certain nombre de valeurs, de morales, d’éthique donc, sous peine de voir son image auprès des consommateurs remis en cause, voire carrément ternie. Après la révolution consumériste initiée par Ralph Nader aux Etats-Unis, un nouveau cap vient d’être franchi, grâce à un usage plus responsable et citoyen d’Internet, outil lui-même développé pour des activités militaires dans un premier temps, et devenu ensuite un des leviers de la mondialisation. Dr Frankenstein n’aurait pas fait mieux.