Bionoor reçoit le prix de l’économie solidaire

Les dirigeants de BionoorIl a repris fièrement la tradition familiale, avec les valeurs ajoutées de la qualité bio et du commerce équitable. Hadj Khelil, le patron de Bionoor, vient de recevoir le prix d’économie solidaire créatif dans la catégorie coopération avec les pays du Sud.

 

Outre les 5000 euros remis par le conseil régional d’Ile de France, c’est tout un réseau de ressources matérielles et techniques qui s’ouvre à cet enthousiaste entrepreneur d’Aulnay-sous-Bois. Epaulé par Jean-Sébastien Coûteux et Frédéric Solbes deux amis d’enfance de Drancy, Hadj Khelil est un vendeur de dattes peu banal. Avec son projet terroirs d’orient, il fait vivre une quarantaine saisonnières de Bir-Dijinin et embaucher trois intérimaires par mois en France.
« Nous faisons profiter les pays du Nord des richesses du Sud et du Sahara, en mettant les relations humaines en premier place », souligne le directeur de 32 ans, diplômé d’un mastère à l’ESCP. Dans les rayonnages de la grande distribution et sur les plateaux de la restauration collective, l’entreprise de négoce en matière première propose aussi de l’huile d’olive algérienne et des pâtisseries orientales fabriquées au Liban. Dernier produit prometteur : des ganaches à la datte. Coté marketing, la société assure l’ambiance orientale et s’invite avec son kit décoratif dans les écoles et les divers lieux de vente du département.

 

UNE ENTREPRISE CREE A AULNAY-SOUS-BOIS
« Tu vas ventre le blé et le cacao des autres alors que ta famille possède des fermes de dattes dans le Sahara depuis deux siècles ! » La remarque de son père est une révélation pour Hadj Khelil, qui souhaite quitter les salles de marché londoniennes pour s’intéresser aux matières premières. La voie est tracée. A 27 ans, le jeune financier réalise qu’il va pouvoir créer son entreprise et mettre en pratique sa théorie du « gagnant-gagnant » : « créer des emplois et de la richesse ici et là-bas ». En 2002, il part en Algérie et met sur pied avec ses oncles une structure de droit local qui lui vend les fruits, à charger pour lui de les distribuer en France en tant que prestataire de services. Il investit ses 30 000 euros d’économies personnelles et table sur un chiffre d’affaires de 40 000 euros grâce à son premier client : un acheteur national de chez Distriborg. Hélas, les belles perspectives sont englouties avec la cargaison qui coule avant d’arriver au port, tandis que la récolte suivante est dévorée par les criquets. Il en faut davantage pour décourager Hadj Khelil. En 2003, grâce à sa famille, il réunit l’argent nécessaire à la relance de l’activité et honore sa commande. Il signe aussi un premier contrat avec un magasin Carrefour. « J’ai réalisé qu’il fallait que je structure mes affaires, j’ai donc créé deux entreprise jumelles, l’une en Algérie, l’autre en France, en SARL».

 

Aujourd’hui, Bionoor commercialise 150 tonnes de dattes dans une vingtaine de grandes surfaces, mais aussi dans des cantines scolaires et chez un prestigieux épicier parisien. Couronnée par le prix Talent des cités, l’entreprise a réalisé en 2006, avec ses 40 salariés, 460 000 euros de chiffres d’affaires. Et, grâce à la diversification de ses produits (pâtisseries), Hadj Khelil espère doubler ses résultats en 2OO7.

 

A.H.P

 

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