Devenir un « transformateur vert », un créneau porteur

Le secteur du bio apparait plus que jamais d’actualité dans un contexte de défiance des consommateurs vis-à-vis de l’alimentation. Mais le bio n’est pas réservé aux seules matières premières. Comment devenir un « transformateur vert » ? Le point de vue d’Hadj Khelil, fondateur de Bionoor.

 

 

Le domaine du bio n’est pas réservé au seul secteur agricole, bien au contraire. Les matières premières estampillées « AB » peuvent être transformées pour un  usage industriel, ce qui permettra de valoriser ces produits et de leur donner une valeur ajoutée.

 

Pourquoi devenir un transformateur vert ?
La première question à se poser, c’est pourquoi devenir un « transformateur vert ». En premier lieu, le marché du bio c’est près de 4 milliards d’euros avec une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années. Dans ce domaine, le secteur de la transformation croit à une vitesse vertigineuse avec +18% pour 2011 (dernier chiffre établi), soit 7 points de plus que le marché du bio en lui-même.
Deuxième argument : faire de la transformation bio, c’est valoriser ses produits, son image, et développer son business dans une filière d’excellence. Bien souvent, les chefs d’entreprises qui se lancent dans l’aventure entrepreneuriale, mettent en place la stratégie que l’on peut appeler « Têtes Brulées », du même nom que la série télévisée des années 80 avec Pappy Boyington. Ce plan d’attaque, audacieux mais périlleux, consiste à décoller avec les moyens du bord, dans des conditions très compliquées et en prenant beaucoup de risques. Quand on fait du bio, cette stratégie n’est plus possible. Il y a en effet des mécaniques de certifications et de contrôles qui font que tout doit être parfaitement réglé, ajusté et assuré pour que la machine fonctionne de façon optimale.

En somme, adhérer à la mécanique du bio, c’est être accompagné par des professionnel tout en faisant avancer qualitativement ses produits et ses méthodes.

 

Devenir transformateur bio : mode d’emploi et cas pratique

La première étape est relative à la conception de votre produit. Celle-ci englobe la création d’une gamme, le sourcing des matières, l’adaptation des process et développements, la recherche d’expertise pour la formulation cosmétique (par exemple), l’information relative aux règlements, etc. Bien souvent, la conceptualisation apparait comme relativement complexe, mais en réalité elle est loin d’être insurmontable : il existe en effet des organismes, tels que les centres régionaux d’innovation et de transfert de technologies (CRITT), pouvant vous conseiller et même vous accompagner.
Une fois la conception aboutie, il faut se pencher sur la réalisation. Raisonnablement, à ce stade de développement, vous n’allez pas directement sortir votre produit en quantité industrielle, mais vous allez plutôt chercher à réaliser une pré-série sans que cela vous revienne trop cher. Dans l’industrie des cosmétiques, activité de transformation des matières premières agricoles bio, cette opportunité est possible : il existe en effet des pôles de fabrication où des gens sont capables de formuler et de fabriquer à façon votre produit sur une petite quantité.

Sachant qu’un produit cosmétique est vendu environ 50 euros dans le commerce, alors qu’il est produit pour 6 fois moins cher (8 euros), produire 200 unités vous coutera 1600 euros. Vous pourrez ainsi développer votre première gamme pour un budget allant de 7000 à 10000 euros, ce qui est à la portée de beaucoup de jeunes entrepreneurs.

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