La Leçon Anglaise vs The French Touch

Voici un article publié dans L’Expansion.com en date du 14 janvier 2009 :

Par Hadj Khelil, fondateur et gérant de Bionoor.

 

Il est très surprenant de constater l’exception française en matière de compréhension du concept de discrimination positive. Depuis quelques années, les hommes politiques de l’Hexagone se sont entichés, dans un indiscutable accès de générosité, de l’idée que les minorités certes grandissantes et de plus en plus bruyantes, exclues des logiques de réseau, méritent leur « part du gâteau ». On vend donc aux Français qu’il faut faire de la place à la couleur, aux odeurs, et à tout le reste pour que cela ne se transforme pas en bruit et en flammes. En clair, il suffirait d’être Noir ou Arabe pour avoir droit à certain postes.

 

Au moment ou le concept de discrimination positive s’est introduit en France, il se trouve que je faisais mes classes dans une célèbre banque à la City à Londres. Il est incroyable de voir comment les anglo-saxons ont présenté la même idée. Il ne s’agissait pas là de partager quoi que ce soit mais plutôt de s’enrichir des différences des autres, d’affirmer l’idée que l’excellence a de multiples facettes et, qu’en bon manager, il faut savoir les utiliser.

 

Partage contre croissance, monopole contre concurrence, alibi contre axe de management, efficacité contre culpabilité : l’objectif n’est pas de faire une « bonne action » mais de rivaliser d’ingéniosité pour attirer les compétences. La différence est fondamentale puisque l’Affirmative Action est pour les anglo-saxons une mécanique d’identification et d’optimisation de l’excellence, un véritable axe de management et de développement et non un alibi affectif.

 

Et les résultats sont là, avec une facilité d’implantation planétaire, des organisations homogènes avec le monde qu’elles veulent conquérir et une salvatrice diversification qui éloigne d’autant le douloureux spectre de la consanguinité.

 

Le plus drôle dans l’histoire, c’est que ce soit nos amis anglo-saxons qui nous donnent cette leçon de rationalité. Contrairement à ce qu’à dit Descartes, pourtant Français, la raison n’est pas « la chose en ce monde la mieux repartie ».