Le bon plan (tation)

C’est le printemps chez Bionoor ! Les fleurs poussent, les arbres reprennent des couleurs, les oiseaux chantent. Mais dans certaines régions du monde, tout n’est pas si rose… La sécheresse, les climats arides, mais aussi les actions de l’Homme sur son environnement, empêchent de nombreuses populations de pouvoir profiter de la nature. 

Justement, chez Bionoor, on a eu une idée. Et si on profitait de la saison des bourgeonnements pour donner un petit coup de pouce à la terre ? Le projet est simple, pas cher et terriblement utile. On vous explique ça en quelques minutes, et puis on se retrouve à la fin de l’article avec un petit lien pour accéder à la page des plantations.

Le projet (nial)

L’idée est triviale : vous commandez un arbre dans la boutique Bionoor (vous trouverez un lien en bas de cet article) et nous nous chargeons, pour vous, de planter cet arbre dans le pays de votre choix (Algérie, Sénégal ou les deux). Ces plantations sont réalisées en partenariat avec des associations présentes dans les pays mentionnés… pour laisser une trace !

plantation arbres sénégal plantation arbres algérie

Ce projet, absolument génial, a pour but non seulement de replanter des arbres dans des régions arides, mais aussi de faire prendre conscience aux différentes générations de l’importance de la préservation des ressources. C’est en cela que cette opération, réalisée au sein d’écoles du sud Algérien et au Sénégal, revêt un caractère pédagogique et humaniste. Car se contenter de replanter ne suffit pas à régler le problème.

Le projet (nérationnel)

Pour nous, cette action sera salutaire et pérenne si elle s’accompagne d’un programme auprès des enfants, afin que les générations futures poursuivent le travail entamé, et sèment encore plus de graines pour demain. C’est donc tout naturellement que Bionoor a décidé de mettre en place ce programme de reforestation au sein même des écoles, avec les enfants.

plantation arbres

Cette approche, des plus ambitieuses, va nous permettre de sensibiliser les populations de demain à mieux entretenir nos ressources, à préserver la terre et l’éco-système, et rendre le monde plus vert. Vous pouvez choisir, à votre convenance, de prendre un arbre pour le Sénégal ou l’Algérie, pour vous ou pour un proche, afin  de réaliser des bonnes actions en équipe ! Un certificat de plantation sera alors émis et attribué à la personne pour qui l’arbre est destiné.

Offrez-vous un cadeau 100 % naturel, qui ne gaspille pas de ressources, mais qui en crée plutôt !

Pour acheter un arbre en Afrique et participer à la reforestation, c’est par ici !

dattes bio paris

La transmission d’une exploitation Bio, un enjeu pour demain

La transmission d’une exploitation Bio, un enjeu pour demain

Une récente étude de la Fédération Régionale des Agriculteurs Biologiques de Bretagne met en avant une donnée particulièrement intéressante d’un point de vue entrepreneurial : 20 % des fermes bio bretonnes devront être cédées dans les 5 prochaines années. De cette proportion, près de la moitié n’a toujours pas trouvé de repreneur.

Ces chiffres, mis en relation avec les prévisions de croissance du marché de l’agriculture durable, seront d’une importance capitale pour ces prochaines années.

Pour décrypter les enjeux de ces transmissions, le point de vue de Hadj Khelil, expert Bio et chroniqueur « Vert » chez BFM Radio.

Etre Bio, c’est bien, le rester c’est mieux

S’il existe plusieurs solutions de reprise de ces fermes impliquées dans le développement durable (transmission à son ou ses enfant(s), cession à son salarié, s’associer avant le départ à la retraite et laisser ses parts à l’associé, etc…), c’est plutôt sur les mécanismes de la mise en œuvre de la transmission que l’accent doit être mis, afin de permettre une reprise dans les meilleures conditions, et pérenniser une agriculture bio-éthique pour les générations futures.

Il est donc primordial d’informer, de sensibiliser et d’éduquer les cédants et les repreneurs sur les risques à éviter, les outils juridiques à maîtriser, les acteurs et interlocuteurs à consulter, etc…
Et parce qu’il n’y pas meilleur conseiller qu’un ex-cédant, la réussite de cette opération passe aussi par la mise en relation et les échanges avec ses prédécesseurs. Ils pourront ainsi prodiguer leurs conseils et transmettre leur vécu sur :

  • Le foncier
  • Le financier
  • Les relations humaines
  • Le juridique (statut)
  • Le bio-chimique (certification)
  • Le commercial/marketing (identité de marque)

L’accompagnement, clé de voûte d’une transmission réussie

Heureusement des solutions existent. Que ce soit en matière de transmission d’entreprises (il existe même des Master en Transmission d’entreprises dispensés dans certaines universités), de mécanismes juridiques, d’innovation, d’agriculture biologique, … les solutions ne manquent pas. Mieux encore, une des meilleures solutions est de se tourner vers les experts en la matière, à savoir les fédérations régionales d’agriculture biologique. Compétentes et géographiquement impliquées, elles sont un interlocuteur privilégié pour votre transmission de ferme bio.

En l’espèce, la FRAB de Bretagne, qui a pour mission de « promouvoir le développement de l’agriculture biologique en Bretagne », assure la mise en œuvre d’actions spécifiques pour les agriculteurs bio. Elle participe également, et c’est là tout l’intérêt, à former et échanger sur les techniques liées à l’agriculture biologique. Enfin, elle représente les agriculteurs bio auprès des pouvoirs publics lors de décisions importantes.

Comment faire la différence dans la famille des bovins ?

Aujourd’hui nous vous proposons un article sur la famille des bovins. Vous allez découvrir les trucs à savoir pour épater vos amis ou votre famille lors de vos diners et vous risquez également d’impressionner votre boucher ^^.

L’autre intérêt de ce court article c’est de maitriser un vocabulaire qui vous permettra très certainement de mieux choisir votre viande chez le boucher en faisant la différence entre les bovins et leur différente qualité.

Bien souvent lorsque vous commandez de la viande chez votre boucher il vous propose seulement que 2 type de bovins : le veau ou le boeuf. En réalité c’est bien plus compliqué que ça. En fonction du sexe de l’animal et de l’âge l’appellation du bovin n’est pas la même.

 

Dans la famille des broutards (jeune animal à la pâture) vous avez :

  • Le veau, mâle ou femelle, est âgé de moins de 8 mois selon le règlement européen
  • Bien souvent on distingue 2 types de veau :
  • – Le veau élevé sous la mère souvent Bio ou Label Rouge : Il présente la particularité de rester auprès de leur mère. Ils se nourrissent exclusivement du lait de sa mère et d’herbe au moment de la phase de finition.
  • – Le veau élevé au lait entier : il se nourrit par distribution du lait des vaches de toute l’exploitation. Généralement le veau est retiré à sa mère dès la naissance.
  • Le très jeune bovin, mâle ou femelle, est âgé entre 8 et 12 mois.

Chez la femelle vous avez :

  • La génisse, qui est un bovin femelle, est âgée de plus de 12 mois et n’a pas vêlé (qui n’a pas donné naissance à un veau. Elle devient une vache dès son premier veau. La génisse est très appréciée pour sa qualité gustative et vous en trouverez généralement dans les boucheries soucieuses de la qualité.
  • La vache est une femelle ayant vêlée. La viande de la vache est un peu plus forte que la génisse mais elle est tout aussi appréciée pour ses qualités gustatives.

Chez le mâle vous avez :

  • Le jeune bovin (jb) est âgé de 12 à 24 mois. La qualité de la viande n’est pas optimale. Elle est souvent moins tendre. Les morceaux sont souvent à braiser ou bouillir.
  • Le boeuf est un mâle adulte de plus de 12 mois et il est castré. C’est un taureau qui a été castré, sans hormones males il a une croissance lente.
  • Le taureau est un mâle adulte âgé de plus de 24 mois et il est non castré. Il est considéré comme le reproducteur d’un troupeau. Généralement la viande est plus dur avec un gout assez marqué par rapport au boeuf.

Et le chiffre marquant à ne pas oublier. Consommer 1kg de viande de boeuf entraine 80 fois plus de gaz à effet de serre que 1kg de blé. Alors mangez moins, mangez sain.

Pour en savoir plus sur notre viande bio halal de qualité certifiée par AVS consulter notre site Bionoor Tendre France – Viande Bio & Halal . Bionoor Tendre France utilise uniquement  des races à viande (charolaise et limousine.

Crédit photo : On a pas su retrouver à qui appartenait cette belle vache qui nous sourit gaiement ^^

Article grandement inspiré d’une publication chez un collègue qui nous a beaucoup plu : http://gourmandisesansfrontieres.fr/2012/07/la-difference-entre-vache-boeuf-taureau-genisse-etc/

 

Les clés pour devenir transformateur vert

Dans la chaîne de valeur de l’économie moderne, le transformateur pourrait être décrit comme le second maillon de la chaîne de production, juste après le producteur (qui sera, dans notre cas l’agriculteur). Son action consiste à travailler, changer, transformer, la matière première issue du premier maillon, afin d’en faire un produit nouveau à dimension industrielle. Dans un secteur en plein essor comme le bio, ce métier revêt bien des avantages.

Comment donc devenir transformateur vert, en alliant rentabilité et respect de l’environnement ?

Hadj Khelil, expert en Green-Business et fondateur de Bionoor, nous ouvre la boîte à outils et nous donne les clés pour réussir cette conversion.

Pourquoi devenir transformateur vert ?

Plusieurs arguments peuvent être avancés pour cela. Premièrement, devenir transformateur bio, c’est s’engager dans la valorisation de produits dans une filière d’excellence. Avec les contraintes et les directives encadrant le Bio (AB, Label Rouge, etc… ), cette coercition qualitative pousse le transformateur à s’engager, bon grè mal gré, dans une stratégie qualitative multidimensionnelle. Dans une économie où le low- cost et le discount prennent de plus en plus de parts de marché, cette valeur ajoutée revêt un caractère particulièrement pertinent pour votre rentabilité.

Deuxièmement, comme nous l’avons succinctement suggéré au préalable, intégrer le secteur de la transformation bio, c’est placer son business dans un marché à forte croissance (+10-11 % de croissance en 2011 par exemple. Et les perspectives de développement sont encore bonnes, ce qui appuie la viabilité de ce segment. D’ailleurs, le sous-segment de la transformation bio, qui s’imbrique dans le marché plus global du Bio, affiche une santé insolente : fin 2011, il y avait 9000 transformateurs bio certifiés en France (soit +18% par rapport à 2010).

Enfin, il faut souligner que 82 % des transformateurs bio déclarent acheter tout ou partie de leurs matières premières dans l’hexagone, et 73 % s’approvisionnent dans leur propre région : donc nous sommes dans un marché avec une probabilité de délocalisation assez mince.

Comment devenir transformateur vert ? Case study de cosmétiques bio

Quand on se lance dans une activité de transformation de produits bio pour en faire des cosmétiques, il faut distinguer deux étapes : la conception et la réalisation.

Pour la conception, qui inclut la création de produits, le sourcing de matières premières, l’adaptation des process et des développements, la recherche d’expertise pour la formulation des règles techniques, etc…, il y a des organismes à votre disposition comme le CRIT ou encore Ecocert, qui vous pilotent et vous accompagnent dans cette étape.

Deuxièmement, la réalisation. Il s’agit ici, après la conceptualisation, de passer à la mise en place réelle de la création du produit. Il existe à ce sujet des pôles de fabrication (comme la Cosmetic Valley) qui travaillent sur ce type de projet, et ce, même sur des séries même très petites. Ainsi, avec un budget oscillant autour des 10 000 euros, ce qui reste assez abordable tout de même, vous pouvez développer des produits cosmétiques Bio, en espérant des marges assez intéressantes malgré tout.

Bio, fraude et excès de langage

Depuis plusieurs années maintenant, le marché du Bio s’impose non seulement comme un secteur en pleine croissance, mais jouit aussi d’un sentiment de sympathie et de bienveillance chez les consommateurs. En conséquence, il devient un label et un concept dont beaucoup veulent se prévaloir, que ce soit par conviction « écolo » sincère ou par récupération à des fins marketing. Cependant, le marché est bien protégé par la loi française et européenne, et nécessite un certain nombre de précautions avant de pouvoir utiliser cette certification de développement durable.

A cette problématique éthique, c’est Hadj Khelil, le fondateur de Bionoor, la première marque à avoir labellisé ses plantations de dattes algériennes avec le label AB, qui nous apporte quelques réponses sur l’utilisation des labels de certification pour l’agriculture durable.

Le Label AB, avant tout une marque déposée

Il est bon à rappeler que le label AB (Agriculture Biologique), tout comme le seraient le logo Danone ou celui d’Apple, sont des marques déposées à l’INPI et sont de ce fait protégées. Il en découle alors un usage très restrictif du logo, puisque se pose alors, en cas de reproduction ou d’utilisation malveillante, de fraude à nature « commerciale » (un peu comme si on utilisait le logo d’une pomme pour vendre des ordinateurs) : l’objectif étant de bénéficier (illégalement) de l’image, de la notoriété et du capital confiance dont jouit la marque phare. S’installe en plus de cela une sorte de confusion dans l’esprit du consommateur: on risque de mettre les différentes défaillances de la marque factice sur le dos de la marque originale, ce qui constitue une certaine lésion d’un point de vue commercial.

Deuxièmement, un label qui suppose des « sacrifices »

Outre l’aspect commercial de l’utilisation abusive d’un logo et d’une marque qui n’est pas la sienne, une deuxième problématique s’ajoute: celle d’une tricherie sur la marchandise proposée lorsque nos produits sont vendus sous label AB, mais qui ne le sont pas. En effet, comme chacun le sait, n’est pas AB qui veut. Des conditions de production au respect des normes chimiques, en passant par la traçabilité des produits, des règles draconiennes ont été fixées par un texte européen (le 834/2007 précisément. Le manquement à ces critères entraînera la suppression de l’autorisation de l’utilisation de la marque AB, afin d’assurer la préservation d’une norme devenue une référence en matière de qualité de produits.

Vous pouvez également consulter tous les détails sur la certification Bio sur le site de l’agence bio : Agence Bio

 

Comment respecter la norme Agriculture Biologique ?

Agriculture Bio is Biotiful

Pour avoir une idée de la taille de marché de l’agriculture bio, quelques chiffres donnent une idée des enjeux. Il faut savoir que ce marché représente environ 4.5 % de la surface agricole utile. Par voie de conséquence, 95 % de la surface agricole utile est convertible au Bio. On constate donc que la marge de progression est tout simplement énorme. En termes d’exploitations, elles sont environ 25 000 à être identifiées comme étant Bio. Des perspectives existent bel et bien, encore faut-il savoir ce qu’est, d’un point de vue juridique, qu’un produit bio.

Hadj Khelil, expert en économie verte et directeur de Bionoor, nous définit le concept du Bio.

Une norme bien protégée

La norme Bio est aujourd’hui encadrée, protégée, régulée par un règlement européen (le 834/2007 pour les puristes). Cet article de loi donne 3 familles de conditions à respecter pour que l’on puisse considérer une agriculture comme étant biologique. En cas d’utilisation frauduleuse de ce sigle, le fraudeur s’expose à des sanctions juridiques. Un organisme est chargé de faire respecter ce principe pour tenter d’assainir le marché.

Le triptyque théorique de l’agriculture biologique

La composante chimique : Si l’on prend l’exemple de la production de viande Bio, la composante chimique sera l’exigence que l’animal a été nourri sainement. Pour les fruits et légumes, cela suppose l’interdiction absolue d’ajout de certains produits.

La traçabilité : La traçabilité, comme son nom l’indique, touche au suivi de la bête, dans les divers lieux de transformation et d’échange.

Le protocole juridico-philosophique : Le produit Bio doit répondre à une philosophie globale de respect de l’environnement (pour l’élevage de bêtes, ce sera le traitement de l’animal)

Le droit de manger sain(t)

Le droit de manger sain(t)

A bien y regarder, le lancement de Tendre France, la viande Bio et Halal certifiée par Ecocert et AVS signée Bionoor, dépasse le seul cadre du Marketing et de l’innovation gastronomique. Avec le recul, il est apparu que cette marque a revêtu dans un certain sens une symbolique très forte : celle de donner à chaque Musulman de France et de Navarre la possibilité, le droit, d’aucuns diraient le privilège, de pouvoir manger une viande Halal tout en étant Bio.

En effet, en France, les labels Bio et Hallal ont longtemps été mis dos à dos. D’un côté, certains professionnels du domaine considèrent qu’une viande Halal ne peut être estampillée Bio en raison de la technique d’abattage rituelle de la bête, considérée par ces derniers comme étant source de souffrance pour l’animal. De l’autre, des consommateurs de confession Musulmane de plus en plus regardants et exigeants sur l’origine et la qualité des produits, désireux eux aussi de pouvoir consommer des produits sain(t)s et naturels.

Complexe, ce problème nécessite certains éclaircissements pour une meilleure compréhension. Le regard, – affûté –, de Hadj Khelil, militant Bio et gérant de Bionoor.

Le Bio au regard de la règlementation Européenne

Si l’on en revient aux textes émis par l’Union Européenne, et c’est d’ailleurs sur ce point que s’est basé Ecocert pour donner son feu vert à Tendre France, aucun article ne prohibe l’usage de l’abattage rituelle pour mettre à mort la bête. Par conséquent, l’organisme de certification a permis à Tendre France d’apposer le logo AB sur le package de ses viandes (d’origine française). Antoine Faure, responsable de la réglementation chez Écocert confirme : « Nous nous sommes appuyés sur les textes européens au regard des textes législatifs français [..] Jusqu’à aujourd’hui, notre interprétation des textes n’a été remise en cause ni par les pouvoirs publics ni par les acteurs de la filière bio ».

En effet, l’article compétent en la matière, l’art. 14 du règlement (CE) n° 834/2007, stipule que « toute souffrance, y compris la mutilation, est réduite au minimum pendant toute la durée de vie de l’animal, y compris lors de l’abattage ». Aucune allusion à l’abattage rituelle n’est donc mentionnée.

Ce qui se fait autour de nous

Dans les pays Anglo-saxons

Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, la viande Halal et Bio existe bel et bien aussi. De par le contexte socio-politique des pays concernés (multiculturalisme, débat autour du religieux moins sensible qu’en France, etc…), il semblerait que le problème ne soit pas aussi houleux que chez nous.

Chez la population juive de France

En matière de volaille Casher par exemple, il existe des produits estampillés AB et Label Rouge. Par exemple, la marque A. Krief propose du poulet AB casher, mais il semblerait que cela ne pose pas réellement de problème. Car, selon un responsable religieux juif, « il n’y a pas de demande pour ce type de produits, le casher étant déjà onéreux ». Le marché (et donc le débat qui en découle) n’est pas aussi important que pour les Musulmans, au regard du nombre de consommateurs potentiels.

Devenir un « transformateur vert », un créneau porteur

Le secteur du bio apparait plus que jamais d’actualité dans un contexte de défiance des consommateurs vis-à-vis de l’alimentation. Mais le bio n’est pas réservé aux seules matières premières. Comment devenir un « transformateur vert » ? Le point de vue d’Hadj Khelil, fondateur de Bionoor.

 

 

Le domaine du bio n’est pas réservé au seul secteur agricole, bien au contraire. Les matières premières estampillées « AB » peuvent être transformées pour un  usage industriel, ce qui permettra de valoriser ces produits et de leur donner une valeur ajoutée.

 

Pourquoi devenir un transformateur vert ?
La première question à se poser, c’est pourquoi devenir un « transformateur vert ». En premier lieu, le marché du bio c’est près de 4 milliards d’euros avec une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années. Dans ce domaine, le secteur de la transformation croit à une vitesse vertigineuse avec +18% pour 2011 (dernier chiffre établi), soit 7 points de plus que le marché du bio en lui-même.
Deuxième argument : faire de la transformation bio, c’est valoriser ses produits, son image, et développer son business dans une filière d’excellence. Bien souvent, les chefs d’entreprises qui se lancent dans l’aventure entrepreneuriale, mettent en place la stratégie que l’on peut appeler « Têtes Brulées », du même nom que la série télévisée des années 80 avec Pappy Boyington. Ce plan d’attaque, audacieux mais périlleux, consiste à décoller avec les moyens du bord, dans des conditions très compliquées et en prenant beaucoup de risques. Quand on fait du bio, cette stratégie n’est plus possible. Il y a en effet des mécaniques de certifications et de contrôles qui font que tout doit être parfaitement réglé, ajusté et assuré pour que la machine fonctionne de façon optimale.

En somme, adhérer à la mécanique du bio, c’est être accompagné par des professionnel tout en faisant avancer qualitativement ses produits et ses méthodes.

 

Devenir transformateur bio : mode d’emploi et cas pratique

La première étape est relative à la conception de votre produit. Celle-ci englobe la création d’une gamme, le sourcing des matières, l’adaptation des process et développements, la recherche d’expertise pour la formulation cosmétique (par exemple), l’information relative aux règlements, etc. Bien souvent, la conceptualisation apparait comme relativement complexe, mais en réalité elle est loin d’être insurmontable : il existe en effet des organismes, tels que les centres régionaux d’innovation et de transfert de technologies (CRITT), pouvant vous conseiller et même vous accompagner.
Une fois la conception aboutie, il faut se pencher sur la réalisation. Raisonnablement, à ce stade de développement, vous n’allez pas directement sortir votre produit en quantité industrielle, mais vous allez plutôt chercher à réaliser une pré-série sans que cela vous revienne trop cher. Dans l’industrie des cosmétiques, activité de transformation des matières premières agricoles bio, cette opportunité est possible : il existe en effet des pôles de fabrication où des gens sont capables de formuler et de fabriquer à façon votre produit sur une petite quantité.

Sachant qu’un produit cosmétique est vendu environ 50 euros dans le commerce, alors qu’il est produit pour 6 fois moins cher (8 euros), produire 200 unités vous coutera 1600 euros. Vous pourrez ainsi développer votre première gamme pour un budget allant de 7000 à 10000 euros, ce qui est à la portée de beaucoup de jeunes entrepreneurs.

De producteur à entrepreneur : les règles du bio pour créer de la valeur

Le secteur agricole se renouvèle et attire notamment une nouvelle frange de la population. D’agriculteurs, ils deviennent plus que jamais entrepreneurs. Une des clés pour créer de la valeur ? Les démarches de labellisation, et le bio notamment. Le point de vue d’Hadj Khelil, entrepreneur, fondateur de Bionoor.


Il n’échappera à personne que les agriculteurs s’investissent à plein temps dans leurs exploitations que ce soit physiquement, matériellement et même moralement, cherchant ainsi à pérenniser et à développer leur projet dans le temps. En somme, ce sont de véritables entrepreneurs, et à ce titre ils souhaitent optimiser leur système de production tout en valorisant leurs produits. Oui, mais comment faire ? Au vu de la tendance actuelle, il semblerait  que, pour eux, la solution résiderait dans le bio.

Le logo « AB » revêt des valeurs unanimement intégrées et défendues telles que la protection de l’environnement et de la santé publique. Or du côté des consommateurs, on exprime justement le souhait de consommer des produits qui ont du sens et de la qualité. C’est pourquoi, les produits alimentaires estampillés « agriculture biologique » ont une valeur sur le marché, au présent comme pour l’avenir. Il n’est donc pas étonnant de voir les entrepreneurs agricoles faire le saut dans le bio, quitte à changer profondément leur système de production. En 2012, l’agriculture biologique a représenté 4,5% de la surface agricole en France, soit 1 million d’hectares (2/3 en bio et 1/3 en conversion bio), avec une progression d’environ 10% en terme de surface.


Trois règles fondamentales à respecter

Mais n’est pas producteur bio qui veut. Pour pouvoir apposer le logo « AB » sur un produit, il faut se conformer aux principes fixés par le règlement européen CE 834/2007. Ce texte juridique d’une trentaine de pages, énonce trois familles de règles fondamentales et cumulatives.

La première porte sur la naturalité. Cette règle impose une production naturelle, sans produit chimique de synthèse. Pour donner un exemple, prenons le cas d’un éleveur de bovins : afin d’obtenir la certification « AB », il devra nourrir ses bêtes avec des produits bio et exclure toute utilisation d’hormone de croissance ou d’antibiotique à titre préventif.

La seconde est relative à la traçabilité. A tout moment, le producteur doit pouvoir justifier l’origine des éléments entrant en jeu dans la fabrication du produit. La traçabilité permet également d’éviter la fraude. En effet, les escroqueries liées à l’apposition de la mention « bio » n’est pas qu’une hypothèse. C’est pourquoi l’obtention de la labélisation est assortie à des contrôles rigoureux, y compris sur les emballages des produits.

La troisième règle fait appel à un protocole énonçant divers principes juridico-éthiques. Pour mieux comprendre, reprenons notre élevage de bovins : lorsque l’animal arrive en fin de vie, le règlement européen impose que l’abattage doit être réalisé avec le minimum de souffrance possible. En cas de manquement à cette règle, la viande ne pourra être considérée comme biologique, même si l’élevage de l’animal a respecté les règles de naturalité et de traçabilité.

Au final, l’agriculture biologique offre des produits d’une qualité nettement supérieure par rapport aux produits conventionnels, répondant ainsi à la demande des consommateurs, tout en ouvrant des perspectives d’avenir aux agriculteurs français.


A retenir :

L’Agriculture est à l’origine d’une chaine de valeurs qui comprend aussi la transformation et la distribution. Celle-ci représente autant d’opportunités d’entreprendre « bio » pour satisfaire une clientèle toujours plus soucieuse d’une différenciation conforme à la protection de l’environnement et à l’Ethique.

L’agriculture biologique en Afrique

Agriculture traditionnelle et biologique

Paradoxalement, des modes de culture traditionnels peuvent être à la fois acceptables selon les normes de l’agriculture biologique, et particulièrement destructeurs pour l’environnement. C’est notamment le cas de nombreuses cultures en Afrique, qui n’utilisent pas – faute de moyens – engrais et pesticides chimiques, mais qui épuisent rapidement les sols, et détruisent les forêts avec les feux destinés à défricher de nouveaux champs.

Les pays au sud du Sahara sont particulièrement touchés par ce phénomène. Un cercle vicieux qui appauvrit les sols, donc les rendements, et pousse à chercher le plus rapidement possible d’autres terrains…. en continuant une déforestation qui contribue à une désertification globale. Dans le même temps, certaines plantations, dont les palmiers dattiers peuvent être dévastées par des parasites, et la tentation du traitement chimique est encore plus grande.
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